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Composteur de jardin : bac, tas ou lombricomposteur, le comparatif

Avatar de Agnès Vautrin

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Depuis que je tiens un stand au salon de Rueil-Malmaison, la même question revient chaque printemps : « quel composteur pour mon petit jardin ? » La réponse dépend surtout de la place disponible, du temps qu’on est prêt à y consacrer et de ce qu’on veut en faire. Dans mon jardin de ville, entre Nanterre et les bords de Seine, j’ai testé quatre des cinq méthodes ci-dessous avant de m’arrêter sur un compromis bac bois plus lombricomposteur pour la cuisine.

Le tri des biodéchets, une obligation depuis le 1er janvier 2024

Ce n’est plus une option : depuis le 1er janvier 2024, la loi impose à tous les Français de disposer d’une solution de tri à la source des biodéchets (épluchures, marc de café, restes de repas, déchets verts), qu’il s’agisse d’un compostage individuel, partagé ou d’une collecte séparée par la collectivité. Pour les habitants d’un pavillon avec jardin, composter chez soi reste souvent la solution la plus simple.

Le compostage est défini par l’ADEME comme un procédé de dégradation biologique de la matière organique en présence d’oxygène, qui aboutit à un compost utilisable comme amendement du sol.

Bonne nouvelle pour les habitants des Hauts-de-Seine : plusieurs collectivités, dont le Syctom et l’établissement public territorial Paris Ouest La Défense (qui couvre notamment Rueil-Malmaison, Nanterre et Suresnes), distribuent régulièrement des composteurs individuels à tarif réduit ou gratuit aux foyers qui en font la demande, avec parfois un accompagnement au démarrage. Un bon réflexe avant d’acheter le sien.

Le comparatif des cinq solutions

Pour un pavillon avec un jardin de taille modeste, voici comment se comparent les principales méthodes que j’ai pu observer sur le terrain et lors des ateliers du salon.

Méthode Place nécessaire Délai avant compost mûr Odeurs Prix indicatif
Bac plastique Faible (1 à 2 m²) 6 à 12 mois Rares si bien géré 30 à 80 €
Bac bois Faible à moyenne 6 à 12 mois Rares 50 à 150 € (ou fait maison)
Tas à l’air libre Moyenne à importante 8 à 18 mois Possibles si trop humide Gratuit
Lombricomposteur Très faible (balcon, cuisine) 3 à 4 mois Aucune si équilibré 60 à 120 €
Bokashi Très faible (sous l’évier) 2 semaines + maturation au jardin Aigre-douce, contenue 40 à 90 € (+ activateur)

Le bac, plastique ou bois : le bon compromis pavillon

C’est la solution que je recommande le plus souvent aux familles avec un jardin de 100 à 300 m². Le bac limite les nuisibles, structure le tas et s’intègre facilement dans un coin ombragé, près du potager ou du composteur à feuilles mortes. Le bois vieillit mieux visuellement mais demande un traitement naturel tous les deux ou trois ans.

Le tas à l’air libre : pour les grands terrains

Sans structure, le tas convient aux jardins spacieux qui produisent beaucoup de déchets verts (tontes, tailles de haie). Il demande plus de rigueur sur l’équilibre entre matières azotées et carbonées, sous peine de fermentation malodorante.

Lombricomposteur et bokashi : pour les petits espaces

Sur ma terrasse chez des voisins de Rueil qui n’ont qu’une cour pavée, le lombricomposteur fait des merveilles : des vers rouges (Eisenia fetida) digèrent les déchets de cuisine en quelques semaines, sans odeur si l’apport reste équilibré. Le bokashi, méthode japonaise de fermentation par micro-organismes, accepte même les restes de viande et de poisson, ce qu’aucune autre méthode ne permet vraiment.

Que mettre (et ne pas mettre) dans son compost ?

La règle qui revient dans tous mes ateliers au salon : viser un équilibre entre matières riches en azote, humides et molles, et matières riches en carbone, sèches et fibreuses. Sans cet équilibre, le compost stagne ou se met à sentir mauvais.

  • Matières azotées (« vertes ») : épluchures de légumes, marc de café, tontes fraîches, fleurs fanées, restes de fruits.
  • Matières carbonées (« brunes ») : feuilles mortes, branches broyées, carton non imprimé, paille, sciure non traitée.

À l’inverse, mieux vaut écarter les agrumes en grande quantité (trop acides pour les vers), les viandes, poissons et produits laitiers en compostage classique (attirent les nuisibles, sauf en bokashi qui les accepte), ainsi que les plantes malades ou traitées chimiquement.

Les erreurs qui ralentissent le compost

Dans neuf cas sur dix, un compost qui ne se décompose pas souffre de l’un de ces trois problèmes : trop humide et tassé (il manque d’air, il faut brasser plus souvent), trop sec (un arrosage léger relance le processus), ou déséquilibré avec un excès de tontes fraîches qui fermentent sans matière carbonée pour les absorber. Un simple mélange de feuilles mortes suffit souvent à corriger le tir en quelques jours.

Côté timing, comptez une décomposition plus lente en hiver, quand l’activité biologique ralentit avec le froid, et plus rapide dès le retour des beaux jours. C’est d’ailleurs au printemps, quand je retourne mon propre bac près du potager, que je récupère le compost le plus mûr de l’année, prêt à nourrir les carrés avant les semis.

Combien de compost produit un foyer ?

À titre indicatif, une famille de quatre personnes génère en moyenne plusieurs dizaines de kilos de biodéchets par mois rien qu’avec les épluchures et restes de repas, sans compter les déchets verts du jardin (tontes, feuilles mortes, tailles de haie) qui peuvent facilement doubler ce volume au printemps et à l’automne. C’est justement cette saisonnalité qui justifie souvent de coupler deux méthodes : une pour le flux régulier de la cuisine, une autre, plus capacitaire, pour les pics du jardin après une taille ou une tonte.

Pensez aussi au broyat de branches, trop souvent envoyé en déchèterie alors qu’il constitue un excellent apport carboné pour équilibrer un compost trop humide, ou un paillage minéral gratuit pour les massifs, un geste que j’affectionne particulièrement dans mon propre jardin.

Mon choix pour un pavillon des Hauts-de-Seine

Pour la majorité des jardins pavillonnaires de la région, je conseille de combiner un bac en bois dehors pour les déchets verts et un lombricomposteur discret près de la cuisine pour les épluchures quotidiennes : le compost mûr enrichit ensuite les carrés de potager ou les massifs sans jamais avoir besoin d’engrais chimique. Pour aller plus loin sur les bonnes pratiques du compostage, l’article Compostage sur Wikipédia détaille bien les grandes familles de procédés.

Envie de voir comment intégrer votre composteur dans un aménagement plus global ? Retrouvez nos idées dans la rubrique jardin & nature, et nos astuces au quotidien dans vie pratique.


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