Sur les stands du salon, il ne se passe pas une édition sans qu’un visiteur me demande « quelle plante pour purifier l’air de mon salon ? » en citant la NASA. L’étude existe vraiment — mais ce qu’elle a mesuré n’est pas tout à fait ce que l’on croit.
Une étude réelle, mais menée en 1989 dans un labo fermé
La NASA Clean Air Study, publiée en 1989, a testé une trentaine de plantes d’intérieur enfermées dans des chambres hermétiques, exposées à des doses de benzène, formaldéhyde ou trichloréthylène bien supérieures à celles d’un appartement ordinaire. Les chercheurs cherchaient une solution pour les stations spatiales confinées, pas pour le salon d’un pavillon des Hauts-de-Seine.
Comme le rappelle l’article Wikipédia consacré à cette étude, les résultats obtenus « en conditions de laboratoire contrôlées » n’ont jamais été reproduits à l’identique dans une pièce réelle, ventilée et de grand volume — un point que de nombreuses publications commerciales ont ensuite oublié de préciser.
Depuis, plusieurs études indépendantes ont montré que pour obtenir un effet mesurable dans une pièce de 30 m², il faudrait aligner des dizaines de plantes par mètre carré — largement plus qu’un pot sur un rebord de fenêtre. Cela ne veut pas dire que ces plantes sont inutiles : simplement qu’elles ne remplacent ni l’aération quotidienne ni le choix de matériaux et produits d’entretien peu émissifs.
Huit plantes tout de même intéressantes chez soi
Elles restent de bonnes compagnes d’intérieur, faciles à vivre, et participent modestement à l’ambiance d’une maison plus verte :
- Le pothos (Epipremnum aureum) — increvable, tolère l’ombre, parfait pour débuter.
- Le spathiphyllum, ou fleur de lune — apprécie une lumière tamisée et une terre toujours légèrement humide.
- Le chlorophytum, plante araignée — se multiplie facilement par boutures, idéale à offrir.
- La sansevieria, langue de belle-mère — quasi indestructible, supporte les oublis d’arrosage.
- Le ficus elastica, caoutchouc — feuillage large et brillant, aime la lumière indirecte.
- Le dracaena marginata — silhouette graphique, très tolérant côté arrosage.
- Le lierre commun (Hedera helix) — retombant, parfait en suspension dans une cuisine.
- L’aloe vera — en plus d’être décorative, sa sève est traditionnellement utilisée en usage cutané.
Toutes partagent un point commun : elles demandent peu de lumière directe et pardonnent les débuts hésitants d’un jardinier d’appartement. Je conseille souvent de commencer par une sansevieria ou un pothos, presque impossibles à rater, avant de se lancer dans un spathiphyllum plus exigeant en arrosage régulier. Attention toutefois si un chat ou un chien partage la maison : le lierre et le dracaena sont légèrement toxiques en cas d’ingestion, mieux vaut les placer hors de portée ou choisir le chlorophytum et la sansevieria, généralement mieux tolérés.
Ce qui améliore vraiment l’air intérieur
Dans ma pratique de paysagiste, ce qui change réellement la qualité de l’air d’une maison, c’est d’abord l’aération dix minutes matin et soir, même en hiver, et le choix de peintures ou meubles peu émissifs en composés organiques volatils. Les plantes viennent en complément, pour l’humidité ambiante, l’apaisement visuel et parfois un léger effet sur certains polluants — sans remplacer une vraie ventilation. Sur la question de la qualité de l’air, mieux vaut se référer à des sources sérieuses : le site de l’ADEME publie des recommandations concrètes sur l’aération et les polluants du quotidien, loin des raccourcis marketing.
Si vous ressentez des troubles respiratoires persistants à la maison, la bonne réponse n’est pas une jardinière supplémentaire mais un avis médical : parlez-en à votre médecin traitant plutôt qu’à un vendeur de plantes.
Pour prolonger cette réflexion sur une maison plus saine, notre rubrique santé aborde d’autres habitudes simples au quotidien, et notre rubrique écologie revient sur les gestes qui comptent vraiment pour réduire les polluants chez soi.



